Comment demander à un enfant de retrouver son calme quand on cherche encore le sien ?
Vous avez 3 heures…
Rangez vos stylos. RESPIREZ : Kidiroots est né !
Précisément parce qu’à 7h43, on n’a pas 3 heures. On a plutôt des minutes en moins, une boisson chaude qui a renoncé à sa vocation première, et un enfant en pleine crise parce que sa chaussette est » bizarre « .
A ce moment-là, l’adulte tente naturellement une technique extrêmement pointue :
» Calme-toi. « -> Excellente idée à laquelle, curieusement, personne n’avait encore pensé.
On retrouve le même niveau d’innovation avec :
» Endors-toi. Maintenant. » -> Merci pour cette brillante stratégie.
Le problème, c’est qu’une consigne n’est pas forcément encore devenue une compétence.
On peut répéter » calme-toi » plus fort, plus lentement, avec davantage de conviction et en prononçant le prénom complet comme si on invoquait les ancêtres… Ça ne fournit toujours pas la notice !
Parce qu’entre » je déborde « et » je retrouve mon calme « , il y a tout un monde.
Et ce monde là, mérite franchement d’être exploré.
Je vais prononcer les mots : fonctions exécutives.
( N’ayez pas peur, c’est comme les émotions : ça peut secouer un peu, mais ce sont nos amies. )
Ce sont notamment elles qui nous permettent de :
-> freiner une impulsion,
-> garder une information en tête,
-> changer de stratégie,
-> se recentrer,
-> planifier ou revenir à ce qu’on faisait.
Autrement dit, toutes ces choses qu’on aimerait voir maîtrisées par un enfant de 7 ans idéalement avant 8h12 … alors qu’on vient parfois de passer sept minutes à chercher nos clés qui étaient juste sous notre nez.
On va donc éviter de se placer trop haut sur l’échelle de l’évolution humaine.
Les enfants, eux, apprennent encore.
Et croyez-moi sur parole : peut-être même plus vite que nous, si on leur fournit le mode d’emploi.
Kidiroots c’est le mode d’emploi rendu ludique.
Pas pour fabriquer des enfants plus pratiques. Parce qu’il faut quand même se méfier de cette idée-là.
Un enfant calme quand ça nous arrange, autonome quand on est préssé, organisé juste assez pour ne rien oublier, capable de gérer ses émotions sans jamais perturber notre planning… ça commence à ressembler davantage à une option premium qu’à un petit être humain en construction.
Kidiroots ne cherche pas à rendre l’enfant plus pratique.
Il cherche à lui donner les moyens de mieux se comprendre, mieux se connaître et découvrir ce dont il est capable.
Avec des aventures, des personnages, des missions, des outils et des ateliers assez ludiques pour qu’on n’ait pas l’impression de travailler une compétence mais qu’on ait quand même envie d’y revenir encore et encore.
On essaie -> On rate -> On recommence
Puis un jour, ça marche un peu.
Alors on recommence encore.
Pas parce qu’un adulte a dit : » Tu dois progresser. «
Mais parce que l’enfant vient de découvrir quelque chose de beaucoup plus puissant :
» Attends… je peux y arriver. «
Et quand on découvre qu’on est capable, bizarrement, on a beaucoup plus envie de retenter l’expérience.
Un problème n’est pas toujours un mur.
Parfois, c’est juste un panneau : » Bon. Par ici, ça ne marche pas. Essayons autrement. »
Et là, LÀ, le regard de l’adulte change tout.
Entre : » Il exagère. « et » Il est dépassé. « il y a peut-être exactement la même scène. Mais pas la même histoire.
Et il faut faire attention aux histoires qu’on raconte sur les enfants.
Parce qu’à force d’entendre :
» Tu es pénible. «
» Tu fais toujours des histoires. «
» Tu n’écoutes jamais. «
ils peuvent finir par conclure :
» Je suis pénible. «
» Je suis compliqué. «
» De toute façon, je n’y arrive pas. »
Et une croyance comme celle-là sait très bien devenir une petite clôture autour de tout ce qu’on ose essayer.
Alors qu’un enfant qui peut penser : » Je suis encore en train d’apprendre « a déjà beaucoup plus de place pour avancer.
Et ça, franchement, ça mérite bien un deuxième regard non ?
Et pour la chaussette » bizarre » ?
On vérifiera quand même cette histoire de couture qui gratte.
