Il sait.
On lui a expliqué.
On lui a rappelé.
On lui a même fait ce petit regard de parent fatigué qui signifie :
« Je crois qu’on a déjà eu cette discussion. Environ 47 fois. »
Et pourtant.
Il pousse sa sœur.
Il répond avant la fin de la question.
Il oublie encore son pull.
Il part jouer alors qu’il devait mettre ses chaussures.
Et quand on lui rappelle :
« MAIS JE SAIS !!! »
Oui.
Justement.
Alors pourquoi tu ne le fais pas ?
Excellente question.
Malheureusement, la réponse est un peu plus agaçante que :
« Il se fiche de nous. »
Un enfant peut parfaitement savoir quoi faire…
et ne pas réussir à le faire au moment précis où il faudrait.
C’est vexant.
On préférerait presque qu’il ne sache pas.
Au moins, on pourrait expliquer.
Mais entre :
« Je sais qu’il faut attendre »
et
« j’attends réellement alors que mon frère vient de prendre LE LEGO QUE JE VOULAIS »
il existe visiblement un petit désert administratif.
Avec plusieurs bureaux.
Et aucun formulaire clair.
Parce qu’en quelques secondes, il faut :
stopper l’impulsion,
se rappeler la règle,
supporter la frustration,
trouver une autre réponse,
et réussir à l’utiliser avant que la main ne décide que la négociation est terminée.
Une broutille.
Nous-mêmes faisons évidemment ça à merveille.
Nous nous couchons tôt tous les soirs.
Nous ne coupons jamais la parole.
Nous n’ouvrons jamais le frigo sans savoir pourquoi.
Nous ne nous énervons pas dans les bouchons.
L’humanité peut être fière.
Alors quand un enfant sait mais n’y arrive pas, le problème n’est pas forcément :
« Il n’a pas compris. »
Ni même :
« Il teste les limites. »
Parfois, au moment où il aurait besoin de ce qu’il sait…
il n’y a tout simplement plus accès.
L’émotion peut prendre toute la place.
Il peut être est fatigué.
Il est déjà lancé.
Son cerveau a choisi :
ACTION D’ABORD.
RÉFLEXION ÉVENTUELLEMENT APRÈS LE DRAME ?
Et c’est là que la phrase :
« Mais tu sais très bien ! »
devient intéressante.
Oui.
Mais est-ce qu’il sait faire …
Au bon moment ?
Sous frustration ?
Avec du bruit ?
Avec la sœur qui respire trop près ?
À 7 h 46, quand tout le monde a déjà mis son manteau sauf lui et que quelqu’un vient de prononcer le mot :
DÉPÊCHE-TOI.
Savoir et savoir faire, ce n’est pas pareil.
Et comprendre ça ne veut pas dire tout laisser passer.
On peut empêcher.
Dire non.
Réparer.
Recommencer.
Une limite reste une limite.
Mais on peut aussi arrêter de croire que la douzième répétition de la consigne va mystérieusement débloquer la compétence manquante.
Sinon, il suffirait de crier :
« ORGANISE-TOI ! »
pour qu’un cartable se prépare spontanément.
« CONCENTRE-TOI ! »
pour que toutes les distractions quittent la pièce.
Et :
« RÉFLÉCHIS AVANT D’AGIR ! »
pour qu’un cortex préfrontal apparaisse en avance sur son planning.
Chez Kidiroots, c’est précisément cet entre-deux qui nous intéresse.
Entre :
« Je sais. »
et :
« J’ai réussi à le faire. »
Qu’est-ce qu’il faut rendre visible ?
Découper ?
Répéter ?
Entraîner ?
Un enfant n’a pas toujours besoin qu’on lui redise où aller.
Il a parfois besoin qu’on lui montre enfin comment y arriver.
C’est le rôle du Bouton Pause.
Un premier outil pour l’aider l’enfant à repérer le moment ou l’impulsion arrive, ralentir juste assez… et reprendre les commandes avant que la négociation ne soit officiellement terminée.
Le Bouton Pause est disponible gratuitement. « CONFETTIS » en commentaire pour le recevoir.
