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Aveu N°5 : « Ce n’est pas grave. » Le comité des émotions vient de déclencher une grève générale.

Il pleure, pour un biscuit cassé.
Voilà.
Nous avions des ambitions pour cette journée, des enjeux, des vrais problèmes d’adultes.
Et nous voilà face à quelqu’un dont l’existence vient manifestement de basculer parce qu’un Petit Beurre possède désormais deux parties...
Alors la phrase arrive.
« Mais ce n’est pas grave. »
Et objectivement ?
Non.
Sur l’échelle nationale de la gravité, nous sommes assez bas.
Le biscuit reste même parfaitement comestible.
Affaire classée.
Sauf que pour l’enfant, ce n’est pas forcément “le biscuit”.
C’est peut-être la déception de trop?
La sensation qu’on ne l’a pas écouté?
Le jeu perdu juste avant?
La fatigue de la journée?
Le copain qui n’a pas voulu jouer?
Le bruit qui l’a épuisé?
Le dessin qu’il voulait réussir?
Le moment où il s’est retenu de pleurer?
Et puis ce biscuit.
Petit.
Ridicule même, vu de l’extérieur.
Mais qui arrive exactement au moment où il n’y avait plus beaucoup de place.
L'émotion déborde.
Non pas que l’enfant a décidé que ce biscuit méritait une crise nationale.
Il ne dramatise pas volontairement.
A ce moment-là, son système est déjà plein.
Et quand on dit :« Ce n’est pas grave. »on veut souvent rassurer.
Dire :« Ça va aller. »
Mais l’enfant peut entendre autre chose :
« Tu ressens trop. »
« Ce n’est pas une bonne raison. »
« Tu devrais déjà avoir arrêté. »
Et quand on est déjà submergé, ça n’aide pas toujours ...beaucoup!
Une émotion ne demande pas d’abord :
« Est-ce que mon motif est suffisamment sérieux ? »
Elle arrive.
Elle informe.
Elle signale quelque chose.
Une frustration?
Une injustice?
Une peur?
« Là, c’était trop? »
Reconnaître ne veut pas dire transformer chaque contrariété en affaire d’État.
On peut dire :« Je vois que ça t’a vraiment déçu. »sans organiser des funérailles nationales pour le biscuit.
On peut accueillir l’émotion sans commander la plaque commémorative.
On peut comprendre ET garder une limite.
Réconforter ET avancer.
Dire :« Oui, c’est difficile pour toi. »
puis :
« Qu’est-ce qui pourrait t’aider maintenant ? »
Et c’est là que quelque chose d’important commence.
Car un enfant qui entend suffisamment souvent :
« Je vois ce qui t’arrive. » peut petit à petit apprendre à se le dire lui-même.
« Je suis déçu. »
« Je suis frustré. »
« J’étais déjà fatigué. »
« J’ai besoin d’un moment. »
Et là, on ne parle plus seulement de calmer une crise.
On apprend à l’enfant à se comprendre.
Chez Kidiroots, c’est exactement ce passage qui nous intéresse.
Pas apprendre aux enfants que tout est grave.
Pas leur apprendre que rien ne l’est.
Aider les enfants à reconnaître ce qui se passe en eux, à comprendre pourquoi ça déborde parfois, et à découvrir ce qui peut les aider à traverser ça.
Car avant de réguler une émotion…il faut déjà réussir à l’identifier.
Et pour le biscuit ?
On peut probablement le manger quand même.
En deux morceaux.
Le dossier avance bien...

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