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Aveu N°6 : « On y va. » Trois mots. Une crise. Quatre témoins.

Il est 17 h 26.

Vous avez prévenu :

5 minutes.

Puis 3.

Puis 1.

Vous étiez irréprochable.

Vous aviez annoncé la fin.

L’enfant avait visiblement prévu une prolongation.

Pour nous :

« On quitte le parc et on rentre. »

Simple.

Pour lui, il faut :

– Arrêter ce qu’il aime.

– Laisser ce qu’il faisait.

– Accepter que c’est fini et se remettre en route vers autre chose.

Ah oui…

Vu comme ça, il y avait quand même deux-trois étapes cachées.

Et là arrive…

LE PUBLIC.

La maman qui jette un œil.

Le papa qui regarde ailleurs.

Les experts silencieux au doctorat express en parentalité.

Pendant que votre enfant fusionne avec le toboggan.

Et vous, vous gérez :

-l’enfant

-le sac

-le retard

-votre agacement

-les regards autour.

Et bonus :

votre réputation parentale auprès de parfaits inconnus.

Ambiance.

Parce qu’à cet instant précis, ce que tout le monde voit est assez simple :

« Il refuse de partir. »

Ce qu’il peut vivre est un peu différent :

« Je n’arrive pas encore à lâcher ce moment pour passer à la suite. »

Et cette nuance compte.

Parce qu’une transition, ce n’est pas seulement changer de lieu.

C’est interrompre quelque chose.

Quitter un moment qu’on aime.

Laisser parfois quelque chose d’inachevé.

Accepter que ce soit terminé.

Puis réussir à accrocher son cerveau à la suite.

Et non, comprendre ça ne veut pas dire rester au parc jusqu’à la retraite.

On y va. Mais on aide le passage.

-> Prévenir.

-> Rendre le temps visible.

-> Nommer la fin.

-> Annoncer la suite.

->Créer un petit rituel.

-> Parfois laisser terminer une chose précise avant de basculer.

Plus le passage est lisible, moins l’enfant doit deviner brutalement ce qu’on attend de lui.

Et pour remettre tout ça légèrement en perspective, nous aussi, on adore être interrompus.

Essayez donc de prendre le smartphone d’un adulte au milieu d’un message et dites :

« C’est fini maintenant. Salle de bain. »

L’expérience mérite d’être documentée.

Alors non, une transition difficile n’est pas forcément un caprice.

Elle ne dit pas non plus que l’enfant décide de tout.

La limite peut rester parfaitement claire.

Mais entre :

« je suis bien ici »

et

« maintenant, je passe à autre chose »

il y a parfois un vrai effort de régulation.

Chez Kidiroots, c’est justement ce qu’on cherche à rendre visible :

ces passages minuscules qu’on croit évidents parce qu’ils le sont devenus pour nous.

L’enfant ne lutte pas contre la destination.

Il a juste besoin d’aide pour quitter le point de départ.

Et si quelques experts silencieux observent encore la scène depuis le banc d’en face…

Le parc est à vous aujourd’hui.

Le coucher sera peut-être à eux ce soir.

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